Exposition

LA PERSISTANCE DE L'ÉCLECTIQUE

11 février au 11 avril 2010
LA RÉCRÉATION

La Récréation accueille dès le 11 février 2010, une exposition collective où collaborent dix des artistes invités à s’y produire depuis son ouverture, le 28 octobre 2007. Ainsi, les Doris Bordage, Danielle Charbonneau, Michel Cormier, Pierre Gauvin, Michel Guilbeault, Sonia Haberstich, Juan Carlos Jaramillo Gracia, Patricia Martel, Manon Pelletier et Tony Truchon s’approprient la galerie et y présentent leurs œuvres dans une exposition collective intitulée La persistance de l'éclectique.

Cette persistance de l’éclectique nous éloigne certes d’un dénominateur commun qui pourrait être évoqué pour établir un lien entre ces dix artistes-exposants. Que ce soit par la diversité des styles, les techniques utilisées, celle du fait main, du savoir-faire traditionnel, les différents matériaux et objets hétéroclites inspirés par le temps et les éléments de la nature ou le passage du réel à l’imaginaire, ces éléments servent néanmoins de prétextes favorisant la réflexion et le questionnement.

Doris Bordage porte sa réflexion sur les formes, notamment sur le cercle et la relation qu’il entretient avec son environnement offrant des compositions visiblement abstraites entretenant de peinture, de ses éléments formels : l’espace, la ligne, la couleur, la forme, le mouvement, la proportion.

Danielle Charbonneau livre ses techniques du fait main « arts textiles » qui rappellent par ses constructions faites de fibres l’importance du geste « patience, ténacité, répétition et régularité » comme pour déconstruire le temps « maillage-démaillage » pour ainsi mieux saisir notre provenance.

Michel Cormier combine à la fois la peinture et la sculpture qui se soldent par des tableaux (bidimensionnels et tridimensionnels) faits d’objets provenant de rebuts (« collectionneur du recyclage ») réalisés par souci de l’environnement, en réaction à la société de consommation ou par passion de transformer le réel utilitaire en imaginaire. Ces récentes explorations portent sur l’univers de l’image numérique et du dessin par ordinateur lui servant d’outils de travail pour une nouvelle production sur toile.

Pierre Gauvin se complait à incorporer des masques comme sujet dans ses photographies. Le masque de singe a toujours été son préféré devenant Normand, son alter ego. Il crée des masques en utilisant des matériaux trouvés dans les lieux où il photographie (masques de cheveux, de branches de cyprès, de feuilles mortes, d'aiguilles de pin...), attiré vers la nature voulant y jouer un rôle.

Michel Guilbeault est à la recherche d’objets ordinaires provenant de la culture de masse, d’indices porteurs de sens et des propriétés de l’imagerie; point d’ancrage de son processus de création. Il pratique l’art du recyclage « narratif ». Il façonne ou réutilise l’objet sans en modifier sa nature, le (ré) organise, le (re) compose et l’imagine pour lui attribuer ou (re) définir une nouvelle fonction. Tout devient prétexte à la création d’une nouvelle œuvre.


Sonia Haberstich conçoit de véritables artefacts à partir de textile, de matériaux divers, de nature pauvre et inusitée, de fibre et de peinture, qu’elle assemble de manière à faire ressurgir une multitude d’associations dans une explosion de couleurs et de formes. C’est dans une atmosphère loufoque de jeu et d’humour, imprégnée de symboles et de poésie, que l’artiste livre son engouement pour le corps humain et la sexualité.

Juan Carlos Jaramillo Gracia cherche à retransformer ce qui est transformable afin d’être libéré des conventions établies, du monde matérialiste et des pressions quotidiennes que nous subissons. Pour y parvenir, il oppose la matière naturelle à celle transformée en usine. Carlos s’ingénie à retrouver (à représenter) l’équilibre entre deux mondes (à partir de l’arbre et de sa transformation) à la recherche de significations magiques ou spirituelles.

Patricia Martel aime faire le portrait et rendre compte des atmosphères qui l’habitent. Que ce soit des figures politiques ou de la scène artistique, ou encore des gens captés dans leur quotidien, la photographie investit le champ du portrait et devient ainsi une autre façon de faire du journalisme.


Manon Pelletier compose, recompose ses œuvres, usant de paradoxes. Son œuvre témoigne de son engouement de toujours pour le découpage et l’assemblage d’éléments qui créent des univers ludiques, font le récit et interrogent le geste et le quotidien.

Tony Truchon se captive pour les procédés traditionnels, la technique du glacis, du clair-obscur et par la superposition des couleurs. L’artiste peint à l’huile et place, à l’ancienne, ses couleurs sur la surface. Le chemin parcouru pour passer du figuratif à l’abstraction sera le même, empruntant comme point de départ la tache qui guidera son geste et traduira son expression artistique dite « intuitive ».
LA PERSISTANCE DE L'ÉCLECTIQUE

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